Le tirage à trois cartes : passé, présent et avenir
C'est le tirage que tout le monde connaît, et celui que presque tout le monde utilise mal. Trois cartes alignées, une pour hier, une pour aujourd'hui, une pour demain. Simple, rapide, rassurant.
Le problème n'est pas la structure, qui est excellente. Il est dans ce découpage temporel, qui se révèle le moins intéressant des usages possibles de ces trois positions. Voyons comment le poser correctement, et surtout ce que l'on peut en faire de mieux.
Poser le tirage
Mélangez sans compter les gestes, coupez d'une main si l'habitude vous plaît, puis posez trois cartes face cachée, de gauche à droite. Retournez-les toutes en même temps.
Ce dernier point n'est pas un détail de rituel. Retourner au fur et à mesure fait que la première carte colore la lecture des deux suivantes, et vous perdez une bonne part de l'information.
Pourquoi passé, présent, avenir fonctionne mal
Trois raisons, toutes vérifiables en quelques semaines de pratique.
D'abord, le passé est déjà connu. Consacrer un tiers du tirage à ce que vous savez déjà représente un gaspillage considérable.
Ensuite, la position « avenir » attire toutes les projections. On y cherche une annonce, on la trouve, et on cesse de lire les deux autres cartes. Le tirage devient une machine à confirmer ce que l'on espère.
Enfin, ce découpage suppose une ligne droite. Or la plupart des situations qui poussent à tirer les cartes ne sont pas des lignes droites mais des boucles, des schémas qui se répètent.
Les structures qui donnent réellement quelque chose
Gardez les trois cartes, changez la signification des positions. Décidez-la avant de mélanger, toujours, sinon vous ajusterez le sens des positions aux cartes sorties.
Situation, obstacle, ressource. La plus polyvalente. Où j'en suis, ce qui bloque, ce dont je dispose déjà pour avancer. Elle produit presque toujours une action concrète.
Ce que je vois, ce que je ne vois pas, ce que je peux faire. Excellente sur les situations relationnelles confuses.
Option A, option B, ce qui pèse dans la balance. Pour les choix. La troisième carte est celle qui travaille : elle nomme le motif que l'on n'a formulé devant personne.
Ce qui se termine, ce qui commence, ce qui demande de la patience. Pour les périodes de transition.
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Commencer mon tirageUne lecture personnelle, rédigée pour vous et pour personne d'autre.
Ne pas plaquer une histoire sur les trois cartes
C'est le piège principal. Trois cartes se prêtent merveilleusement au récit, et l'esprit humain adore les récits. On relie, on comble les trous, on obtient une belle histoire cohérente qui ne dit rien de la situation réelle.
La parade est méthodique. Lisez chaque carte isolément d'abord, en une phrase courte, et notez ces trois phrases. Seulement ensuite, cherchez ce qui les relie. Si le lien ne vient pas, ne l'inventez pas : trois observations séparées valent mieux qu'un roman.
Ce réflexe de narration est d'ailleurs l'une des maladresses les plus fréquentes chez les débutants, au même titre que la relecture infinie du même tirage.
Les questions sentimentales, cas particulier
Le tirage à trois cartes est massivement employé sur les questions de coeur, et c'est là qu'il dérape le plus. La position « avenir » devient alors une machine à espérer, et l'on y lit un retour, un message, une réconciliation.
Aucune carte ne commande le téléphone de qui que ce soit. Ce qu'un tirage éclaire, c'est votre position dans la situation, et ce qu'une lecture peut réellement apporter sur une relation mérite d'être clarifié avant de poser la moindre carte.
La formulation change tout. Les questions qui donnent une vraie réponse sur le terrain affectif ne commencent presque jamais par « est-ce que », et cette seule contrainte transforme la qualité de la lecture.
Deux points techniques qui reviennent
Les cartes inversées. Avec trois cartes seulement, une inversion pèse lourd. Que l'on choisisse ou non de les prendre en compte, l'essentiel est de rester constant. Les différentes approches de la carte à l'envers se valent, l'incohérence non.
Le tirage pour soi-même. Trois cartes, c'est court, donc facile à tordre. Les garde-fous qui évitent de ne voir que ce qui arrange prennent ici toute leur importance, à commencer par l'écriture de la question avant de mélanger.
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L'usage quotidien
Une variante légère mérite d'être signalée : trois cartes le matin, positions fixes, toujours les mêmes. Ce qui porte la journée, ce qui va demander de l'attention, ce qu'il ne faut pas oublier.
En quelques semaines, les récurrences apparaissent et le vocabulaire personnel se construit. C'est un excellent complément au choix du jeu lui-même, sujet sur lequel les critères à regarder avant d'acheter son premier tarot valent d'être connus : un jeu que l'on a plaisir à manipuler se sort beaucoup plus souvent.
En résumé
Trois cartes suffisent pendant des mois. Définissez vos positions avant de mélanger, retournez tout en même temps, lisez isolément puis reliez, et abandonnez le découpage temporel au profit d'une structure qui interroge votre marge de manoeuvre.
Pour replacer cette méthode dans l'ensemble des tirages possibles et comprendre ce que chaque famille de cartes y apporte, les bases du jeu et de sa structure restent le point de départ le plus solide.
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Je tire les cartesVous hésitez entre deux chemins ? Éclairons-les ensemble.