Journal de tirage : suivre son évolution sur un an
Un carnet de tirages tenu pendant quelques semaines sert à apprendre. Tenu pendant un an, il devient autre chose : un document sur vous, vos préoccupations, ce qui s'est dénoué et ce qui revient obstinément.
C'est le seul outil de la pratique symbolique dont l'effet soit réellement mesurable. Voici comment le tenir pour qu'il produise cet effet.
Tirez les cartes et obtenez vos réponses
Je tire les cartesRien à installer, aucun compte à créer : tirez simplement les cartes.
La structure d'une entrée
Cinq éléments, toujours les mêmes.
La date. Elle permet les recoupements, qui sont l'essentiel du bénéfice.
La question, mot pour mot. Telle que formulée avant de mélanger, pas telle que vous vous en souvenez après. Une question se déforme discrètement pendant la lecture.
Ce qui est sorti. Sans commentaire, avec la position si le tirage est structuré.
Votre interprétation du moment. Trois lignes maximum. La contrainte oblige à trancher.
Une ligne laissée vide. Pour noter plus tard ce qui s'est réellement passé.
Cette dernière ligne fait tout le travail. Sans elle, un journal ne sert qu'à collectionner des impressions.
La méthode de base vaut pour tous les supports, et comment tenir un carnet de tirages pour progresser plus vite détaille les notations spécifiques à chaque outil, du jeu de cartes au pendule. C'est aussi la raison pour laquelle comparer les supports et ce que chacun demande aide à adapter ses rubriques.
Ajoutez votre état du moment
Un sixième élément, en un seul mot : calme, agacé, inquiet, pressé, fatigué.
C'est l'information qui explique le plus de choses à la relecture. Vous constaterez que la qualité de vos lectures dépend bien davantage de votre état que de votre technique.
Le rythme des relectures
Trois échelles, et chacune montre des choses différentes.
Mensuelle, dix minutes. Vous relisez le mois écoulé. Cela suffit à repérer les questions qui reviennent et à remplir quelques lignes vides.
Trimestrielle, trente minutes. Les biais d'interprétation apparaissent : les cartes que vous lisez systématiquement en négatif, celles que vous adoucissez.
Annuelle, une demi-journée. C'est celle qui compte vraiment, et elle mérite qu'on lui consacre du temps.
Ce que révèle la relecture annuelle
Quatre constats reviennent chez presque tout le monde.
Les questions récurrentes ne sont pas celles qu'on croyait. Beaucoup de gens découvrent qu'ils posent la même question depuis un an sous six formulations différentes. Le sujet apparent change, le sujet réel non.
Les périodes de forte consultation correspondent aux périodes de faible décision. C'est le constat le plus dérangeant et le plus utile. Quand on tire beaucoup, on décide peu.
Certains sujets ont disparu sans qu'on s'en aperçoive. Une question qui occupait dix pages en début d'année n'apparaît plus du tout au dernier trimestre. C'est une forme de résolution qu'on ne remarque jamais sur le moment.
L'écart entre lecture et réalité se mesure. C'est la seule évaluation honnête de votre progression, et elle est beaucoup plus encourageante qu'on ne le craint.
Les rubriques utiles à ajouter
Au-delà des tirages eux-mêmes, trois notations enrichissent considérablement le journal.
Les tirages que vous n'avez pas faits. Notez les moments où vous avez eu envie de tirer et où vous vous êtes retenu. Ce renoncement est une information sur votre rapport à l'outil.
Les consultations. Si vous consultez quelqu'un, notez la date, la question posée et les trois phrases retenues. Cela permet de comparer avec vos propres lectures, ce qui est très instructif.
Les rêves marquants. Ils fonctionnent sur le même registre que les tirages : des images qui condensent ce que la pensée ordinaire n'a pas formulé. Comment noter et interpréter seul ses rêves récurrents explique comment les traiter sans tomber dans les dictionnaires de symboles universels.
Le journal comme garde-fou
C'est sa fonction la plus concrète, et elle se manifeste très vite.
Voir noir sur blanc qu'on a posé la même question quatre fois en dix jours produit un effet immédiat, bien plus efficace que n'importe quelle règle théorique. La mémoire arrange, le carnet non.
Il protège aussi de la complaisance, qui guette dès qu'on lit pour soi. Une question écrite avant le tirage sert de témoin : à la fin, vous vérifiez que vous avez répondu à celle-là, et pas à une version assouplie en cours de route.
C'est l'un des points où une lecture symbolique employée comme miroir plutôt que comme oracle se distingue le plus nettement d'un usage prédictif : l'objectif est de se voir, pas d'avoir raison.
Tirez les cartes et obtenez vos réponses
Tirer les cartesPrenez un moment pour vous : suivez votre intuition et tirez vos cartes.
Papier ou écran
Le papier impose une lenteur qui oblige à condenser, et un carnet physique se relit plus volontiers qu'un fichier.
L'écran apporte la recherche, précieuse au bout de deux ou trois ans quand on veut retrouver toutes ses entrées sur un sujet.
Le meilleur format reste celui que vous tiendrez. Un cahier bon marché à portée de main vaut mieux qu'un beau carnet rangé.
L'usage le plus abouti
Au bout d'un an, le journal permet un exercice que rien d'autre ne permet : reprendre une question posée douze mois plus tôt, la reposer telle quelle, et comparer les deux lectures.
L'écart ne dit pas si vous lisez mieux. Il dit ce qui a changé chez vous, ce qui est bien plus intéressant.
C'est aussi de cette manière qu'on repère les motifs qui structurent une vie entière, et comment les cartes révèlent les schémas qui se répètent prend tout son sens avec un an de matériau derrière soi.
Ouvrez un cahier ce soir. Dans douze mois, vous aurez quelque chose que personne ne peut vous donner.
Tirez les cartes et obtenez vos réponses
Consulter le voyantLe premier pas tient en quelques cartes tirées au bout des doigts.