Tenir un carnet de tirages pour progresser plus vite
De toutes les pratiques qui font progresser, c'est la seule dont l'effet soit mesurable. Plus que le choix du jeu, plus que le nombre de livres lus, plus que la fréquence des séances.
Et c'est aussi la plus négligée, parce qu'elle demande trois minutes après chaque tirage, au moment précis où l'on a envie de ranger et de passer à autre chose.
Ce qu'il faut noter, à chaque fois
Cinq éléments, pas un de plus.
1. La date. Elle permettra les recoupements.
2. La question, mot pour mot. Telle que vous l'avez formulée avant de mélanger, pas telle que vous vous en souvenez après. C'est capital : une question se déforme discrètement pendant la lecture.
3. Ce qui est sorti. Les cartes, les runes, la réponse du pendule, sans commentaire.
4. Votre interprétation du moment. Trois lignes maximum. La contrainte de longueur est volontaire : elle oblige à trancher.
5. Une ligne laissée vide. C'est elle qui fait tout le travail.
La ligne vide, le coeur de la méthode
Vous la remplirez plus tard, des semaines ou des mois après, avec ce qui s'est réellement passé.
Sans elle, un carnet ne sert qu'à collectionner des impressions. Avec elle, il devient un instrument de mesure : vous saurez si vos lectures étaient justes, où vous vous êtes trompé, et surtout comment vous vous trompez.
Prenez l'habitude de relire vos entrées vieilles de deux mois, une fois par mois. Dix minutes suffisent.
Ce que la relecture révèle au bout de trois mois
Vos questions récurrentes. Elles ne sont presque jamais celles que vous croyez. Beaucoup de gens découvrent qu'ils posent la même question depuis un an sous six formulations différentes.
Vos biais d'interprétation. Les cartes que vous lisez systématiquement en négatif, celles que vous adoucissez. Ce sont vos angles morts, et ils n'apparaissent qu'à la relecture.
Vos périodes de forte consultation. Elles correspondent en général aux moments où vous décidiez le moins. C'est un constat objectif qui vaut tous les conseils sur la fréquence.
L'écart entre lecture et réalité. La seule mesure honnête de votre progression.
Ces quatre constats font du carnet le meilleur instrument dont on dispose pour se servir d'un support symbolique comme miroir de ses propres fonctionnements.
Le format : papier ou écran
Le papier a un avantage réel : la lenteur de l'écriture oblige à condenser, donc à choisir ce qui compte. Un carnet physique se relit aussi plus volontiers qu'un fichier.
L'écran a l'avantage de la recherche. Si vous pratiquez depuis des années et cherchez toutes vos entrées sur un sujet, la fonction de recherche devient précieuse.
Le meilleur format reste celui que vous tiendrez. Un cahier bon marché à portée de main vaut mieux qu'un beau carnet rangé dans un tiroir.
Adapter selon le support
Chaque outil demande une ou deux notations spécifiques.
Pour un jeu de cartes : notez la position de chaque carte si le tirage est structuré, et l'orientation si vous travaillez les inversions. Votre convention sur ce point doit d'ailleurs figurer en première page, car les différentes approches de la carte à l'envers ne se valent que si l'on reste constant.
Pour un pendule : notez la longueur de chaîne et la main utilisée. Ces détails expliquent les variations d'un jour à l'autre, comme le rappellent les causes les plus fréquentes d'un pendule qui ne bouge pas.
Pour tous les supports : notez votre état du moment en un mot. Calme, agacé, inquiet, pressé. C'est l'information qui explique le plus de choses à la relecture.
Tirez les cartes et obtenez vos réponses
J'y vaisVous restez seul décideur, je vous aide seulement à y voir clair.
L'erreur à éviter
Ne notez pas que les tirages réussis.
C'est la tentation évidente, et elle vide l'exercice de son intérêt. Les séances où rien n'a fonctionné, où la lecture est tombée à côté, où vous avez retiré trois fois : ce sont celles qui apprennent le plus.
Notez également les tirages que vous n'avez pas faits alors que vous en aviez envie. Ce renoncement est une information sur votre rapport à l'outil.
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Découvrir mon tirageTirez les cartes et exposez votre situation, je vous réponds par écrit.
Le carnet comme garde-fou
Il sert aussi à limiter les dérives. Voir noir sur blanc qu'on a posé la même question quatre fois en dix jours produit un effet immédiat, bien plus efficace que n'importe quelle règle théorique.
C'est le meilleur remède contre la tentation de retirer sans arrêt sur le même sujet, parce qu'il rend visible ce que la mémoire arrange.
Il protège aussi de la complaisance, qui est le risque principal quand on lit pour soi. Les garde-fous qui évitent de ne voir que ce qui arrange reposent tous, à un moment ou à un autre, sur une trace écrite antérieure à l'interprétation.
Sur la durée : le journal d'une année
Au bout de douze mois, le carnet devient autre chose qu'un outil d'apprentissage. Il devient un document sur vous : vos préoccupations, leur évolution, ce qui s'est dénoué et ce qui revient.
C'est cette dimension que développe un journal de tirage tenu sur une année complète, et beaucoup de praticiens considèrent cette relecture annuelle comme le moment le plus instructif de leur pratique.
Commencer ce soir
Prenez n'importe quel cahier. En première page, notez trois choses : le support utilisé, votre convention sur les inversions ou votre code de oui et de non, et la date du jour.
Puis tirez une fois, et remplissez les cinq lignes. C'est tout.
Pour situer cette pratique dans l'ensemble de votre apprentissage et choisir le support qui vous convient, la comparaison des supports divinatoires et de ce que chacun demande reste le point de départ. Le carnet, lui, s'applique à tous sans exception.
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Poser ma questionUn tirage, votre message, mon analyse : de quoi y voir plus clair.